[Paris-Normandie] Volley-Ball – Nationale 2 : les anciens racontent pourquoi ils ont voulu sauver l’AL Canteleu-Maromme


Publié le 23/10/2014 á 22H54

L’AL Canteleu/Maromme renaît de ses cendres aujourd’hui en grande partie grâce à quatre
de ses anciens. Quatre trentenaires qui ont permis au club de survivre et
de croire en ses chances de remontée rapide.

Volley-Ball – Nationale 2 : les anciens racontent pourquoi ils ont voulu sauver l’AL Canteleu-Maromme

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Grossin, Eclar, Douteau et Evtoukhovitch (ici de gauche à droite) font de la résistance avec l’ALCM (photo V. L.)

«Ce sont les vieux qui ont décidé de créer une nouvelle histoire. Moi, j’étais sur le départ et sans eux je ne serais sans doute plus là. » Peut-être par manque de conviction ou par désespoir, Wojtek Fabianczyk n’était pas forcément chaud à l’idée de rester l’entraîneur de l’AL Canteleu/Maromme, ce club venu tutoyer l’élite du volley-ball français l’an passé et aujourd’hui condamné à évoluer en Nationale 2 (1er après cinq matches). Mais le Franco-Polonais s’est laissé embarquer dans la nouvelle aventure, finalement persuadé par ceux qu’il appelle ses « vieux », tous déjà confrontés par le passé à la Pro B.

Pierrick Grossin

On l’avait quitté le maillot trempé par le champagne le 2 avril dernier, lorsque l’ALCM venait officiellement d’obtenir son ticket pour la Ligue A face à Avignon. Pierrick Grossin était alors doublement ému : d’abord par l’exploit que lui (il n’a disputé que des bouts de match) et les siens avaient réalisé, mais surtout parce qu’il pensait à l’époque ne plus mettre les pieds sur un terrain de volley en compétition. « Terminer sur une montée en Ligue A, je ne pouvais pas demander mieux », disait-il alors. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’il annonçait mettre un terme à sa carrière. Et aujourd’hui, le voilà toujours là. « C’est le club avec lequel j’ai tout connu et je ne voulais pas qu’il meurt. Pour qu’il puisse rester en N2, il fallait des joueurs susceptibles d’évoluer à ce niveau. Si je ne reprenais pas, il n’y avait pas de quoi refaire une équipe. Je ne dis pas que j’ai été contraint et forcé, mais si je voulais que l’ALCM survive, il fallait que je rejoue encore au moins cette saison. »

Christophe Douteau

Il a beau être le plus jeune de la bande des vieux, Christophe Douteau fait partie des meubles à Canteleu/Maromme, avec qui il a connu des montées de N2 en N1 et de N1 en Pro B. Éloigné des parquets la saison dernière (il aurait dû jouer avec la réserve en N3) en raison d’une rupture du tendon d’Achille contractée avec l’équipe de France police,
« Chris » n’a pas pour autant coupé les ponts avec son club de cœur, qu’il ne voulait pas voir disparaître. « Avec Pierrick, mon meilleur ami, ça nous faisait mal de voir l’équipe descendre comme ça et mourir à petit feu. On a voulu essayer de reconstruire une petite équipe avec Wojtek, Steve et Vadim. Mais ce n’était pas facile à imaginer car on avait le droit qu’à trois mutés. On sait que la saison va être galère parce que c’est un peu du bricolage. Heureusement, comme on a de l’expérience, on arrive à s’en sortir pour l’instant. »

Vadim Evtoukhovitch

Leader de la réserve l’année dernière puisque considéré comme trop âgé par Dario Dukic pour rester avec l’effectif professionnel, Vadim Evtoukhovitch n’a pas hésité la moindre seconde à relever le nouveau défi de l’ALCM. « J’ai trouvé une formation de technicien en électricité à l’AFPA de Saint-Etienne-du-Rouvray donc je ne me voyais pas bouger d’ici. En plus, je connais tout le monde, surtout Wojtek, le meilleur entraîneur du coin. J’ai déjà connu deux montées ici, pourquoi pas trois ? » En tout cas, le pointu (2,02 m) n’a rien perdu de sa force de frappe : « C’est notre machine de guerre, indique Steve Eclar. Elle ne s’enraye jamais, c’est impressionnant. »

Steve Eclar

C’est le seul du quatuor qui ne portait pas le maillot de l’ALCM l’an dernier (il ne le portait plus depuis 2009 d’ailleurs). Arrivé en 1999 dans le club présidé alors par Bernard Bourbon, Steve Eclar a participé à deux saisons de
Pro B avant de partir pour l’ASPTT Rouen, en Prénationale. « On est monté en N3 l’année qui a suivi mon arrivée mais, après, je ne voulais plus jouer en N3 parce que cela impliquait des déplacements le dimanche. Je me suis donc contenté de la Prénationale, mais le groupe s’est éclaté cette année. » Les anciens de l’ALCM ont donc sauté sur l’occasion. « Pierrick, Chris et Wojtek m’ont harcelé tout l’été, avec des textos, des appels… Ils m’ont dit : « vas-y, viens, on va faire essentiellement des matches le samedi soir, on va s’amuser entre copains comme à l’ancienne. » J’ai énormément douté. Mais aujourd’hui tout se passe bien, même si cela tient du miracle vu le faible effectif. Je peux m’estimer heureux de jouer encore à ce niveau à mon âge. »

Victorien Lenud

v.lenud@presse-normande.com